Avertissement .I.

Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison; car, à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d'un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle;


LES CHANTS DE MALDOROR
"Comte de Lautréamont"
Chant 1. Strophe 1.

# Posté le mardi 28 juillet 2009 15:19

Modifié le jeudi 12 novembre 2009 06:58

Avertissement .II.

Passant respect cet asile !
Si ton c½ur est pervers tremble d'y pénétrer mais s'il est vertueux marche d'un pas tranquille.
Sur ces tombeaux tu peux te recueillir.

"Caspar David Friedrich" Cimetière Dans la Neige
Avertissement  .II.

# Posté le lundi 03 août 2009 08:02

Modifié le dimanche 06 septembre 2009 09:42

Si quelque chose est dit sur la nature, alors ce n'est déjà plus la nature.

Si quelque chose est dit sur la nature, alors ce n'est déjà plus la nature.
"Caspar David Friedrich"

Balade dans un parc


Dans l'herbe allongé
Mon âme entrain de s'élever
Un calme divin m'enlace
Mais ne s'attache pas et laisse place

A une chute de l'esprit
Tout à coup replongé
Emprisonné et oppressé
Enchainé dans ce corps

Mais je ressort
Cette enveloppe s'enfonce
Dans un sol de ronces
Sous Terre rien n'a jamais existé

Ma respiration est coupée
Mes yeux aveugle voient
Les tourments d'un esprit sans loi
Tous ces morts Pleurent

Pour lui qui ce meurent
Leur larmes sont des épées
Transperçant mon c½ur exposé
A des souvenir refoulés

Ce que je voulais oublier
Deux chats dans une rues proche
Soufflent et se battent sous un porche
Les cris de ces félins sont d'ailleurs

D'un monde pas forcement meilleur
"Morgan Von Feuster" La nuit d'une âme

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 15:27

Modifié le dimanche 20 septembre 2009 14:07

Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance

Une Liaison Dangereuse


Tous ça n'est qu'un jeu
Je porte un masque pieux

De part mes actes
On me proposa un pacte
Séduire un ange de liberté
Devoir le posséder

Un jour je le vit
A sa vision mes yeux on luit
Tant de beauté en un seul être
Pour elle je devais bien paraître

M'approchant, on me remarqua
Sans paroles, je fut dans ses bras
L'amour de ses yeux
Aussi pur que ce ciel bleu

Dans mon corps un c½ur revit
D'un flot de sang impie
La nuit de cette journée vint
Je la laissa à quelques cerbères malsain

Plus avancé dans la soirée
Mon corps fut oppressé
Sensation étrangère à mon âme
Pour la première fois sans arme

Mes ailes me firent retourner
Là où mon ange étais tombé
Les chimères gardaient le lieu
Ce lieu si loin des cieux

La mort ne me prit pas à cet instant
Suivant sa chute et son sang
J'atteins le néant
Elle étais là gisant

Son regard me perça
Vengeance étais sienne, j'étais là

L'amour nous prit dans ses chaines
Nos corps mutilé par les peines
Ce trouvèrent dans les ténèbres enlacé
Jusqu'à la fin de l'éternité
"Morgan Von Feuster" La nuit d'une âme


"Andrew Gonzales"
Mais qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance

# Posté le vendredi 21 août 2009 12:22

Modifié le vendredi 25 septembre 2009 10:39

Pour ceux qui n'ont pas de doute il n'est point de fausse route.

Pour ceux qui n'ont pas de doute il n'est point de fausse route.
"Franz Vohwinkel" Twinning Glass

L'alchimiste prit en main un livre qu'avait apporté quelqu'un de la caravane. Le volume n'avait pas de couverture, mais il put cependant identifier l'auteur : Oscar Wilde. En feuilletant les pages, il tomba sur une histoire qui parlait de Narcisse.
L'alchimiste connaissait la légende de Narcisse, Ce beau jeune homme qui allait tous les jours contempler sa propre beauté dans l'eau d'un lac.
Il étais si fasciné par son image qu'un jour il tomba dans le lac et s'y noya. A l'endroit où il étais tombé, naquit une fleur qui fut appelée narcisse.
Mais ce n'étais pas de cette manière qu'Oscar Wilde terminait l'histoire.
Il disait qu'à la mort de Narcisse les Oréades, divinités des bois, étais venues au bord de ce lac d'eau douce et l'avaient trouvé transformé en urne de larmes amères.
"Pourquoi pleures-tu ? demandèrent les Oréades.
-- Je pleure pour Narcisse, répondit le lac.
-- Voilà qui ne nous étonne guère, dirent-elles alors. Nous avions beau être toutes constamment à sa poursuite dans les bois, tu étais le seul à pouvoir contempler de près ça beauté.
-- Narcisse étais donc si beau ? demanda le lac.
-- Qui, mieux que toi, pouvait le savoir ? répliquèrent les Oréades, surprise. C'étais bien sur tes rives, tout de même, qu'il se penchait chaque jours !"
Le lac resta un moment sans rien dire. Puis :
"Je pleur pour Narcisse, mais je ne m'étais jamais aperçu que Narcisse étais beau. je pleure pour Narcisse parce que, chaque fois qu'il se penchait sur mes rives, je pouvais voir, au fond de ses yeux, le reflet de ma propre beauté. "

"Voila une bien belle histoire", dit l'Alchimiste.

"Paulo Coelho" L'Alchimiste

# Posté le lundi 03 août 2009 08:41

Modifié le mardi 06 octobre 2009 09:24